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Bah Oury

Bah Oury, Président de l'UDD : « La Guinée a besoin d'un leadership fort » (Entretien)

Dans ce deuxième jet de la grande interview qu'il a bien voulu nous accorder, lors de son bref séjour à Dakar, à l'invitation de la société civile sénégalaise, Bah Oury, candidat déclaré à la présidentielle de 2020 en Guinée-Conakry, retrace une partie de l'histoire politique contemporaine de son pays, marquée par des années de braise. Au nom de la réconciliation nationale, alors qu'il était membre du gouvernement d'union nationale, sous le règne du Général Président Lansana Conté, pour le compte de l'UFDG, Bah Oury, avait plaidé l'indemnisation des victimes des différents régimes qui se sont succédé, depuis l'indépendance du pays. Pour le Président de l'Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), ce passif historique devrait être supporté par l'Etat, qui malheureusement, traîne encore les pas. Entretien...

 

Propos recueillis par Siaka NDONG

 

Qu'est-ce qui vous différencie des autres opposants au régime du Président Alpha Condé?

Je ne suis pas pour une opposition systématique. Je suis pour une opposition constructive, responsable. Si le gouvernement fait des choses qui vont dans le sens de l'intérêt du pays, je ne me gène pas pour dire félicitation. Si maintenant, ils vont dans un sens opposé à l'intérêt de mon pays; là aussi, j'ai le courage de leur dire non, à haute et intelligible voix. Je ne me masque pas pour cela. Ce que je fais avec les autres, c'est transparent, c'est clair et net. 

 

 

D'aucuns estiment qu'une certaine opposition en Guinée, se fait la poche, dans des combinaisons, parfois avec le régime ou d'autres forces occultes, au détriment du peuple qui souffre. Etes-vous dans cette catégorie d'opposants dit alimentaires? 

Lorsqu'on a exigé le multipartisme, alors que le Général Lansana Conté voulait seulement deux partis, ce n'était pas pour se faire de l'argent. Nous avons été en première ligne par rapport aux causes les plus importantes, exposant nos vies. Présidant la Commission d'organisation de la manifestation du 28 septembre sous le CNDD, alors qu'on risquait de se faire arrêter; je n'ai pas pris la tangente au lendemain du massacre du 28 septembre 2009, pour aller me réfugier  à l'étranger. Je suis resté en Guinée pour ressouder les bases, pour leur dire que nous sommes là, tenez bon, ne baissez pas les bras, advienne que pourra. C'est ça qui a permis aux gens de se relever. D'autres, dès qu'il y a un problème, ils prennent la tangente. Ils se font des frics. Ils pleurnichent sur leur petit sort. La Guinée a besoin d'un leadership fort, d'un leadership clairvoyant, d'un leadership courageux qui met en avant les intérêts du pays et non pas des intérêts personnels, en se cachant derrière une victimisation  outrancière et narcissique. 

 

Pourquoi, en 2008, dans la cour du tristement célèbre Camp Boiro, vous aviez déclaré, en tant que ministre de la République de Guinée, que l'Etat était responsable du passif historique, relativement aux différentes exactions qu'a connu le pays depuis son indépendance en 1958? 

Ministre de la réconciliation nationale à la veille de la disparition du Général Lansana Conté, comme représentant de l'UFDG dans le gouvernement, pour une période de six mois. Nous avons fait grâce à Dieu, ce qu'il fallait faire, pour qu'après la disparition de Lansana Conté que le pays ne puisse pas basculer et nous avons réussi ce combat. Par rapport au passif historique, c'est vrai, en octobre 2008, lors d'une journée commémorative du massacre de 70 personnalités  les plus illustres de la Guinée en 1971, nous avons été pour la première fois, en tant que membre du gouvernement, à l'intérieur du Camp Boiro pour déclarer que l'Etat Guinéen est responsable du passif historique. C'est à dire,  de toutes les exactions commises sous l'ancien régime, avec les événements du 4 ou 5 juillet ou la communauté Malinké a été particulièrement visée et tant d'autres situations tragiques ou des Guinéens ont perdu la vie. Et l'Etat étant responsable et l'Etat de par sa continuité, doit assumer ses responsabilités, pour aller dans le sens d'une justice de réconciliation et de réparation, vis à vis de toutes les victimes des passifs historiques. Malheureusement, notre gouvernement n'a tenu que trois mois à peine.

 

Avec le recul, votre volonté d'indemnisation des victimes des différents régimes qui se sont succédé, a-t-elle été pris en compte?

Plusieurs gouvernements se sont succédé, mais aucun n'a pris en charge cette question des réparations, dans la dynamique dans laquelle nous le souhaitions. Parce qu'il fallait que les victimes  soient pris en compte. Mais malheureusement, depuis lors, les victimes ne font que s'ajouter à la longue chaîne, depuis l'indépendance de la Guinée, aux lots des victimes, des exactions de ceux qui sont en situation de responsabilité.

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