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Général Krouma

Un Général ivoirien magnifie l'excellence des relations entre la RCI et le Sénégal

Le Général de Police Ivoirien Krouma Mamadou était récemment en mission au Sénégal. C'était dans le cadre de l'opération Benkadi visant à lutter contre le banditisme transfrontalier notamment en Côte d'Ivoire, au Mali et au Burkina Faso. Dans cet entretien, le Secrétaire Général du Comité Interministériel de lutte anti-drogue (CILAD) fait le point relativement aux sanctions appliquées aux trafiquants et autres usagers de stupéfiants dans son pays. Il a également magnifié l'excellence des relations entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal. 

 

 

Au Sénégal, le trafic international de drogue a été criminalisé. Qu'en n'est-il exactement en Côte d'Ivoire ?

Je suis juriste, Docteur en droit public. Mais, je me méfie souvent de certaines qualification, de certaines appellations. Les faits sont les mêmes. Il y a trafic. Maintenant, comment on qualifie ce fait-là. Est-ce que ce fait-là, est une fait criminel. Pour nous juristes, pour que ça soit qualifié de fait criminel, il faut voir d'abord, la gravité du fait. Il faut voir, la sanction appliquée à ce fait.  Et cette sanction doit être une sanction d'ordre criminelle. Or les sanctions criminelles, c'est au moins, 10 ans, 15 ans, 20 ans. Pour en arriver à la situation de la Côte d'Ivoire, la loi de 1988 qui régit la loi contre la drogue dit, que toute infraction liée à la drogue, est une infraction délictuelle. C'est un délit. Ce n'est pas un crime. A ce niveau-là, je peux dire que ce n'est pas un fait criminel. C'est un fait de délit. Maintenant, lorsqu'on voit la sanction qui est appliquée aux trafiquants de drogue, elle peut aller jusqu'à 20 ans. Mais dès lors, qu'elle va jusqu'à 20 ans, la sanction est une sanction criminelle. Donc, à vous de choisir. Moi, j'ai dis, au plan de la qualification de l'infraction, c'est un délit. Au plan de la sanction de l'infraction, c'est une peine criminelle. Bref, mais je crois que le débat n'est pas là. Le débat est à quel niveau... lorsqu'on doit sanctionner le trafic de drogue. Je ne parle pas de consommation de drogue. Je parle de trafic de drogue. C'est à dire, le transport de la drogue,  la commercialisation de la drogue, la culture de la drogue, la production de la drogue. C'est tout ça qui rentre dans le trafic de drogue. Toutes ces activités qui rentrent dans le trafic de la drogue sont considérées comme l'offre de drogue. Pour lutter contre l'offre de drogue, ces activités-là, sont sanctionnées de la peine la plus élevée qui va jusqu'à 20 ans de prison. Voilà comment ça se passe en Côte d'Ivoire. Maintenant,  la consommation avait un caractère de délit. Parceque, ça partait de 1 an à 5 ans. C'est un délit. Nous avons réalisé que c'était énorme, surtout pour les jeunes enfants. Quand ils sont pris avec une boulette, un joint, en train de consommer dans des fumoirs, il fallait les condamner de 1 à 5 ans. Quand vous prenez un enfant de 12 ans, de 15 ans et que vous le condamnez peut être à 1 an, on se dit, c'est un mineur. Donc, il ne pourra pas être condamné à 1 an. Mais il peut être condamné à faire un apprentissage, à recevoir une autre éducation, une autre formation, pour ne pas qu'il tombe dans la délinquance. Mais malheureusement, même dans les centres de formations qui leurs sont dédiés, ces enfants-là, se frottent à de grands trafiquants de drogue. Et à la sortie de la prison, ils deviennent eux-mêmes, des trafiquants de drogue. C'est pour cette raison que dans la révision en cours, nous avons décidé de réduire, pas de supprimer la sanction contre la consommation de drogue. Mais de réduire à sa plus simple expression la sanction contre la simple consommation de drogue. Si d'autres délits, d'autres infractions ne sont pas liés à cela, ne sont pas associés à cette consommation, donc, c'est une simple correction qu'on porte aux consommateurs de drogue. 

 

Quelles appréciation faites vous des relations entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire ?

Nous sommes nés pour voir qu'il y a des relations séculaires entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Nos premiers Chefs d'État que sont Senghor et Houphouët-Boigny ont tissé de très bonnes relations. Les Ivoiriens sont au Sénégal comme chez eux. Les Sénégalais sont en Côte d'Ivoire comme chez eux. Vraiment, il n'y a pas de différence. Un sénégalais qui est né en Côte d'Ivoire est un ivoirien. Un ivoirien qui est né au Sénégal est un sénégalais. Nos relations ont toujours été bonne. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont au beau fixe. Aujourd'hui, l'Ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Sénégal, c'est l'ex Chef d'état-major des armées de Côte d'Ivoire. Des anciens ministres du gouvernement ivoirien, ont été nommés Ambassadeurs ici au Sénégal. Tout cela témoignage de l'excellence des relations entre les deux pays. 

 

Le mot de la fin?

Le mot de la fin, c'est d'abord dire merci à l'Etat du Sénégal. C'est dommage qu'on a pas eu suffisamment de temps à passer ici. Le peu de temps passé ici, nous a permis d'avoir un séjour agréable. J'en profite pour dire merci au peuple sénégalais, de dire merci également à la représentation de l'ONUDC à Dakar. Chaque fois que je rencontre le général Matar Diop du CILD du Sénégal, se sont des relations très fraternelles, des relations professionnelles que nous essayons d'entretenir. Je le salue au passage. J'encourage de telles rencontres, de sorte que nous puissions partager les informations, les bonnes pratiques pour que nous puissions nous mettre à niveau, pour que nous puissions renforcer nos capacités en matière de lutte contre la drogue. En tout cas, c'est une très bonne chose. Ce sont des initiatives à encourager. C'est avec beaucoup de satisfactions que nous sommes venus faire ce débriefing. C'est avec beaucoup de courage que nous voulons entretenir les résultats obtenus et que nous allons pérenniser, nous allons capitaliser de sorte que la lutte soit bien appréciée. 

 

(Propos recueillis par Siaka NDONG)

 

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