Le coordonnateur du PNLP insiste sur l’importance de disposer des données sanitaires de manière pérenne

Doudou Sène


" Le paludisme demeure une menace pour les populations africaines et continue d’affecter négativement leur quotidien

Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Docteur Doudou Sène, a souligné mardi l’importance de disposer des données sanitaires de manière permanente en vue de contrôler cette maladie et assurer son élimination d’ici à 2030.

« Pour éliminer le paludisme, il faut avoir des données chaque jour, parce que si nous n’avons pas les données, les efforts peuvent être annihilés », a déclaré le docteur Sène. Il faisait une présentation à l’occasion d’une séance de briefing avec le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen).

Ce briefing s’inscrit dans le cadre de la documentation de la campagne « Zéro palu! Je m’engage ». Celle-ci célébrera jeudi ses dix ans à Thiénaba, une ville du département de Thiès, qui a connu de fortes avancées dans la lutte contre le paludisme.

Selon le coordonnateur du PNLP, « sans les données, il est impossible de riposter correctement encore moins de contrôler le paludisme ».

« Les données sanitaires permettent de faire la cartographie et sans cela, il peut y avoir des flambées », a alerté le médecin. Sous ce rapport, il a regretté l’impact négatif de la rétention des données sanitaires.

« Depuis 2022, avec la rétention des données par les prestataires, la complétude des rapports a baissé de 73% », a-t-il révélé. Il a fait état, pour l’année 2023, d’une « très faible complétude des données  qui limite les possibilités d’appréciation ou d’analyse [des] indicateurs de morbidité et de mortalité ».

Sous ce rapport, il a invité les spécialistes de l’information à plaider pour une remontée des informations sanitaires, en vue d’une bonne surveillance de la maladie.

Il a rappelé par ailleurs que la lutte contre le paludisme a connu des succès au Sénégal, nonobstant la persistance de défis.

C’est l’une des raisons qui expliquent le fait que le Plan national de développement sanitaire et social (PNDS) considère le paludisme comme une maladie transmissible prioritaire.

Selon lui, le paludisme demeure une menace pour les populations africaines et continue d’affecter négativement leur quotidien.

Il a rappelé à cet égard que l’Union africaine a recommandé aux Etats du continent d’ériger la lutte contre cette maladie au rang de politique nationale.

Entre autres, le Plan stratégique national (PSN) 2021-2025 a pour ambition de réduire l’incidence du paludisme d’au moins 75% par rapport à 2019, réduire la mortalité liée au paludisme d’au moins 75% par rapport à 2019.