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Baccalauréat

« Le taux d'échec au bac en 2019 est de 63% », selon un expert en éducation

A l’indépendance, le Sénégal, disposait d’environ 120.000 élèves répartis dans 2.340 salles de classes élémentaires et six lycées ainsi que de 1.300 étudiants à l’université, ce qui lui avait valu le titre de quartier latin.


Soixante ans après, le système accueille environ 3.250.000 élèves, dans 14.920 écoles et établissements.  Le nombre d’étudiants enregistrés s’établit à moins de 165.000, contre  250.000 en Tunisie et 864.000 pour Maroc.


En dépit des progrès, le Sénégal continue à perdre des ressources si on considère les redoublements, les abandons, 16.4% et les échecs aux examens de fin d’année.  Pour 2019 les taux d’échec aux examens s’établissent comme suit : 42.7% au CFEE, BFEM 48.29% et 63% au Baccalauréat.


D’autre part, on note que le chômage touche plus les diplômés: 20% pour les titulaires de licence 12.7% pour les détenteurs de CFEE et 9.7% pour  les non-diplômés. Ce tableau est préoccupant au regard des enjeux économiques et géostratégiques.

 RESILIENCE DE L’EDUCATION  FACE A LA MONDIALISATION

« L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde » Mandela

La demande constante de puissance, de vitesse et de confort, exigée par les hommes modernes, conduit inexorablement à une exploitation déraisonnable de nos ressources forestières, énergétiques, halieutiques, etc.
Le  numérique joue un rôle crucial dans tous les domaines pour collecter, analyser, exploiter les données liées à notre santé, notre nourriture, notre patrimoine culturel, minier, etc.
Le big data, l’intelligence artificielle, les objets connectés et la réalité augmentée, portés par la poussée du numérique, vont modifier considérablement la manière d’analyser les situations et les modes de prises de décision sur questions importantes telles que la gestion de l’environnement, de la sécurité, des échanges commerciaux, de politique, de religions, etc.  
Nous émettons des radiations électromagnétiques, des gaz à effet de serre qui, détruisent la couche d’ozone, dérèglent le climat, provoquent des inondations.
Quid des pluies acides qui, déciment les forêts, accélèrent la désertification et compromettent les récoltes et exposent les jeunes à l’aventure.
L’industrie pharmaceutique fabrique  des brevets à partir de plantes dont les principes actifs et vertus thérapeutiques ont été découverts par nos ancêtres qui, ne bénéficieront jamais des retombées financières. De nouvelles  plantes toujours sont découvertes, donc  de nouvelles molécules, et alors de nouveaux brevets  au détriment des praticiens des pays d’origine.
Les progrès de la biotechnologie ont permis de décrypter le génome humain et de révéler les secrets du  patrimoine génétique des espèces. Jusque-là on parlait d’évolution, d’adaptation, désormais il faut compter avec l’intervention de l’homme qui se donne petit à petit les moyens de modifier le cours de l’histoire des espèces.
De plus l’arrivée des OGM, risque d’accentuer à terme notre dépendance vis-à-vis de grands laboratoires étrangers détenteurs des cartes génétiques.
Une telle situation, au-delà d’être alarmante, montre l’impératif  d’octroyer des financements massifs en faveur de l’éducation pour permettre d’apporter des réponses scientifiquement pertinentes pour la sauvegarde de notre souveraineté alimentaire. Il s’agira de créer des espaces biotopes bien protégés, de cartographier et de conserver toutes les données génétiques de nos espèces végétales et animales.

 LES TECHNOLOGIES : ACCELERATEURS DE QUALITE ET DE L’INCLUSION
« Eduquer un homme, c’est le mettre en état de faire face à toutes les situations » J.G Hibben

Grâce aux possibilités offertes par les TIC, le monde dans lequel nous vivons est devenu virtuellement petit, au point que certains le considèrent comme un village, et rendent plus sensible notre interdépendance et mettent en relief notre sentiment de partager un destin commun.
Ainsi, les contraintes liées au temps et à l’espace ont été oblitérées par la technologie grâce à la dématérialisation, l’ubérisation, le télétravail, la télémédecine, le téléenseignement, etc.
Mieux encore, les télés services se sont affranchis de la rigidité des frontières et ont relégué au dernier plan tous les préjugés pour ne magnifier que la compétence.
L’électronique envahit nos bureaux, nos salons, nos véhicules, sécurise et contrôle les accès aux lieux stratégiques, permet de commander des robots, d’échanger des informations en temps réel et sert même de monnaie.
Le multimédia a aussi contribué à l’émergence d’une nouvelle économie : l’industrie du savoir, qui a rendu l’accès à la connaissance plus flexible et inclusive grâce aux innovations, aux productions de contenus et leur diffusion et accélérateurs de qualité. Les EdTech se positionnent comme des accélérateurs de qualité (MOOCS, Chatbot, e-learning, machine Learning, Open Class Room, etc.).
L’Education étant simultanément une source de motivation et une raison de vivre, alors elle permet d’éclore les potentialités humaines, de forger éveilleurs de consciences  et constituer la muraille de protection pour préserver les jeunes contre les idéologies dévastatrices.

L’option devra privilégier science et technologie qui allient la rigueur des lois à l’habileté, ainsi que la maîtrise du savoir-faire et de la logique, pour contribuer à la conception et la production de connaissances et d’objets matériels.
Et, il est permis d’espérer, qu’avec une vision  claire, généreuse et bien partagée, notre système d’éducation, secrétera une masse critique de scientifiques et de techniciens qui vont ancrer le Sénégal dans cette grande aventure humaine, de découvertes et d’innovations. Je me fais mienne à cet effet, la pensée de Georges Bernard Shaw: « Certaines personnes voient les choses comme elles sont et disent pourquoi? D’autres rêvent de choses qui n’ont jamais été, et disent pourquoi pas ? »

OSER INVESTIR SUR L’EDUCATION DU PEUPLE : 40.000 MILLIARDS SUR 20 ANS
« Si l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. » Robert Orben

Beaucoup d’acteurs ont le sentiment que la mise en œuvre des conclusions de la CNREF et plusieurs  réformes et accords signés entre le gouvernement et les syndicats ont buté sur la soutenabilité financière, en dépit des efforts consentis.
De plus, du fait de l’insuffisance et de la mauvaise utilisation des ressources matérielles, financières et humaines, l’école sénégalaise a longtemps été le réceptacle de projets et programmes conduits par des partenaires, dépourvus de dispositif de suivi évaluation et de stratégie de capitalisation.                                Ces  expériences conçues par des experts étrangers qui, plus tard vont analyser les résultats et les mettre à l’échelle sous d’autres cieux.
Or seuls des citoyens, bien formés, motivés et patriotes disposant d’un sens élevé de l’honneur et des responsabilités, peuvent transformer structurellement l’économie à travers une bonne gouvernance et semer  ainsi les graines de la pérennisation d’un capital humain de qualité au-delà de l’horizon 2063.
Pour rappel, entre  1999 et 2002, le budget alloué au secteur de l’éducation est passé de 100 à plus de 325 milliards. Au regard des nouvelles découvertes minières, nous sommes en droit d’attendre au moins un effort similaire à partir de 2021-2022.
L’éducation  pourrait alors bénéficier d’un arbitrage favorable  et voir son budget annuel passer à 1500 ou 2000 milliards de FCFA, en sus d’un plan d’urgence de rattrapage, permettant  de disposer d’infrastructures modernes (préscolaire, élémentaire, collège, lycée, université) avec toutes les commodités (mobiliers, eau, électricité, ordinateurs, internet, etc.), pour assurer aux professionnels de bonnes conditions de travail, avec une exigence de résultats.
Parallèlement à ces mesures, le système d’Education sera doté d’enseignants bien formés, motivés engagés, dévoués, assidus, ponctuels et respectés, pour que le cri de cœur lancé par Mariama Ba, trouve enfin un écho et une volonté politique favorables. Elle, qui assimile les enseignants à « une armée noble aux exploits quotidiens jamais chantés, jamais décorés. Armée toujours en marche, toujours vigilante. Armée sans tambour, sans uniforme rutilant. Cette armée-là déjouant pièges et embûches, plante partout le drapeau du savoir et de la vertu."
La matérialisation d’une telle ambition, exige des investissements massifs en faveur de l’éducation pour aligner le pays sur la ligne de départ pour l’innovation et l’émergence, car c’est par l’école uniquement que les solutions justes et durables sont élaborées.
Afin de mitiger les risques, les orientations politiques et stratégiques relatives à l’allocation des ressources financières découlant de l’exploitation du gaz et du pétrole, devraient  permettre de financer  et de développer  la recherche scientifique et placer ainsi l’Éducation  au-devant de toutes les priorités. En effet, le Sénégal dispose de 27 blocs de ressources fossiles et selon les spécialistes, les recettes attendues de l’exploitation du seul bloc Grand Tortue/Ahmeyim (GTA), sont estimées à 84.000 milliards de FCFA.
En supposant que John G. Hibben a raison en disant que « éduquer un homme, c’est le mettre en état de faire face à toutes les situations », alors nous n’avons d’autres choix que financer l’éducation.

Investir sur l’éducation, c’est permettre de vaincre le syndrome du repli communautaire, résultant de la coexistence de deux types d’écoles qui forment deux catégories de Sénégalais, où chacune se drape de valeurs et de références spécifiques, source d’intolérance voire de fracture sociale, aux antipodes de notre commun vouloir de vivre ensemble.
Investir sur l’éducation c’est barrer la route aux prédateurs sans foi ni loi, qui ont profité de l’absence de normes dans le système traditionnel pour y planter leurs banderilles et s’adonner à des activités répréhensibles (conditions d’hébergement précaires, prolifération d’enfants talibés dans les rues, les sévices corporels, les violences sexuels,) qui ternissent l’image des écoles coraniques traditionnelles.
Investir sur l’éducation, c’est permettre l’application de  la loi n°2004-37 du 15 décembre 2004 qui, fait obligation à l’Etat de scolariser gratuitement et de maintenir tous les enfants âgés de 6 ans à 16 ans dans le système scolaire, pour enfin éradiquer la lancinante question des enfants de la rue.
Investir sur l’éducation, c’est mettre fin à cette tendance néocoloniale d’abandon des daaras à eux-mêmes. En effet, les daaras n’étaient soumis à aucune réglementation administrative ou pédagogique. Il n’existait  aucune indication sur  les conditions d’ouverture, sur les contenus enseignés, sur les évaluations des compétences et connaissances des maîtres, etc. C’est ainsi qu’ils sont tombés dans l’informel absolu, devenant le lieu où il est difficile de séparer la bonne graine de l’ivraie.
Investir sur l’éducation, c’est créer les conditions d’une paix définitive dans l’espace scolaire et éradiquer les pertes sur le temps d’apprentissage, 200 à 300 heures par an et restaurer la confiance entre les parties prenantes.
Investir sur l’éducation, c’est à la fois vaincre la violence faite aux femmes, éradiquer l’analphabétisme, valoriser nos langues maternelles, améliorer le cadre de vie, bref,  c’est faire un pari gagnant sur ce que qu‘il y a de plus précieux sur Terre.
Investir sur l’éducation, c’est créer les conditions d’une croissance économique inclusive, d’installer chez l’enfant la culture de l’égalité, de la paix et de la préservation des valeurs positives. Le philosophe Ibn Rushd, nous enseigne que  « l’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence.»
L’exemple de la Corée du Sud est une parfaite illustration de la relation entre l’éducation et le développement ainsi que la performance économique.
Sans actionner ce levier, autant nous dire que nous avons raté le projet d’édification d’une société plus juste, le tournant vers une éducation inclusive reposant sur les valeurs endogènes et ouverte aux enjeux du monde, moteur de tout changement qualitatif et durable.

Abdoulaye DIATTA
Conseiller municipal à Keur Madiabel

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