Migrants

C’est avec consternation que l’Association des Journalistes en Migration et Sécurité (AJMS) a appris le chavirement d’une pirogue au large de Mbour et qui avait à son bord plus de cent (100) candidats à l’émigration irrégulière. En guise de réaction, l’AJMS dénonce “l’inaction de l’Etat du Sénégal face à la détresse de la jeunesse“.
Ces jeunes voulaient se rendre en Espagne. Ils venaient des quartiers de Pikine à Saint-Louis. Ils se sont noyés suite à un incendie qui s’est déclaré à bord de leur pirogue. Cinquante une (51) personnes ont été secourues par Marine nationale, plusieurs victimes seraient enregistrées.
Indifférence manifeste de l’Etat

A cet effet, l’AJMS, après avoir présenté ses sincères condoléances aux familles des disparus, a tenu à dénoncer, “encore une fois, l’inaction de l’Etat du Sénégal face à la détresse de la jeunesse qui, face au manque de perspective, risque sa vie dans la grande bleue de la Méditerranée. Ce naufrage est d’autant plus dramatique que la plupart de ces victimes sont des pêcheurs. Ce qui pose la problématique de la gestion de nos ressources halieutiques par les autorités“.

Etat de fait

Et, constate l’Association des Journalistes en Migration et Sécurité, « depuis plusieurs mois, les acteurs de la pêche artisanale ne cessent d’alerter sur les conséquences néfastes de l’octroi des licences aux bateaux étrangers ».
« Comment un secteur qui emploie 17% de la population peut-il être sacrifié au profit des chalutiers étrangers qui, on le sait, ne respectent aucune norme en matière de pêche industrielle ? Le ministre de la Pêche, Alioune Ndoye, a beau nier les accusations de l’Ong Green peace, mais les faits sont là. Il est urgent que le président de la République, Macky Sall monte au créneau et rassure les jeunes désœuvrés. Car, l’heure est grave !

La responsabilité parentale établie

« Toutefois, l’AJMS ne saurait dédouaner les familles par rapport à ce phénomène appelé « Barça ou Barsakh ». Osons le dire, une part de responsabilité revient aux familles de ces candidats à l’émigration. En effet, la plupart des jeunes qui prennent les embarcations de fortune obtiennent la bénédiction de leurs parents. Sous l’influence des pesanteurs sociales, certaines mères de familles n’hésitent pas à financer l’aventure périlleuse de leurs progénitures à la quête d’un hypothétique Eldorado. A ces parents, nous leur demandons de prendre conscience des risques que leurs enfants encourent. Car, rien ne vaut de mourir dans certaines conditions“, conclut le résident de l’AJMS, Daouda Gbaya.

Mamadou SALL