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Après plusieurs semaines d’agitation politique et dans un contexte de violences meurtrières, les responsables du mouvement de contestation dit du 5 juin, coalition de responsables religieux et de personnalités de la société civile et du monde politique, ont rencontré dimanche après-midi le président Keïta. Ces rencontres visaient, selon la présidence malienne, une «décrispation politique», alors que le dirigeant malien bénéficie du soutien de la communauté internationale.

Mais le Mali risque d’autant plus d’être déstabilisé par cette contestation qu’il est déjà confronté depuis 2012 à des attaques jihadistes et des affrontements communautaires meurtriers, des violences qui se sont propagées aux pays voisins. Quelques heures après sa rencontre avec le dirigeant malien, le mouvement dit du 5 juin dit que le président Keïta fait «la sourde oreille» et «a royalement ignoré les demandes» contenues dans leur «mémorandum». A savoir, la dissolution du Parlement et la formation d’un gouvernement de transition dont le mouvement désignerait le Premier ministre, que le président ne pourrait pas démettre.

Alors que le 1er juillet, la contestation disait ne plus faire de la démission du président Keïta un préalable au dialogue, le mouvement «réaffirme plus que jamais sa détermination à obtenir par les voies légales et légitimes la démission pure et simple» du chef de l’Etat. La coalition n’a en outre pas apprécié que le président Keïta l’ait renvoyé à des discussions avec les partis de la majorité présidentielle, qui selon elle «ne dispose d’aucun pouvoir». Par conséquent, elle appelle à «une plus forte mobilisation le vendredi 20 juillet 2020 et les jours suivants sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora».

A l’issue de sa rencontre samedi avec le président malien, le chef de file du mouvement de contestation, l’imam Mahmoud Dicko, avait déclaré dans une vidéo diffusée par la présidence, que les deux hommes ont «parlé de tout ce qui concerne cette crise et du pays de façon générale. Je pense qu’avec la volonté de tout un chacun et de toutes les parties concernées, nous allons Inchallah trouver la solution».

Dans un communiqué publié dimanche soir, la présidence malienne a dit que ses priorités du moment étaient d’«apaiser la crise actuelle et obtenir la libération de notre frère l’honorable Soumaïla Cissé», chef de file de l’opposition enlevé le 25 mars par des jihadistes dans la région de Tombouctou. Le président Keïta a également reçu samedi les représentants des partis de la majorité présidentielle et des chefs coutumiers de Bamako.

Afp