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L’ancien directeur des opérations de l'Agence française de Développement (AFD) et de la Banque mondiale, Serge Michailof a livré son inquiétude sur la situation au Sahel dans un contexte où les manifestations pour le retrait des troupes françaises se multiplient.

La première urgence, selon lui, « est que les armées malienne et burkinabè cessent leurs exactions contre les populations civiles, et en particulier les Peuls ». « Ces exactions, dit-il, jettent les jeunes dans les bras des jihadistes. Les Peuls, c’est une population de 60 millions de personnes réparties sur une dizaine de pays. Veut-on partir en guerre contre ce peuple ? ».

À l’en croire, il faut remettre de l’ordre dans les armées maliennes et burkinabé. « Ce sont elles qui vont devoir reconquérir leur pays dont une bonne part est maintenant contrôlée par un ennemi. Evidemment, pour cela, elles doivent être équipées des mêmes standards que nos propres troupes et commandées par des officiers choisis sur la base du mérite. Il n’y a pas d’alternative », a-t-il soutenu.

Avant d’ajouter : « Si demain l’armée française quitte le Mali, le pays se transformera en Somalie, qu’il en sera de même du Burkina et que les pays côtiers, comme la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Togo, rencontreront de grandes difficultés au plan sécuritaire. En revanche, je ne la vois pas tenir quinze ans ni même trois ans sans changer radicalement de posture ».

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