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200 proches des victimes en pèlerinage à La Mecque

200 proches des victimes en pèlerinage à La Mecque

À La Mecque, en Arabie saoudite, près de 200 proches des victimes et rescapés de l'attaque ayant visé en mars deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, sont venus effectuer le grand pèlerinage musulman et "prier pour les martyrs".

"Je veux que le monde sache qui était Atta Elayyan", dit d'une voix émue Farah Talal, 27 ans, vêtue d'une djellaba verte et coiffée d'un élégant foulard blanc.

Son époux Atta Elayyan faisait partie des 51 personnes tuées dans le massacre commis par un suprémaciste blanc dans la paisible ville néo-zélandaise de Christchurch le 15 mars pendant la prière du vendredi, suscitant une vague d'indignation internationale.

"C'était une personne formidable, bienveillante, je veux lui rendre hommage", murmure la jeune femme d'origine jordanienne, invitée par le roi Salmane d'Arabie à accomplir le hajj, le grand pèlerinage annuel, avec quelque 200 autres proches et rescapés de la tuerie de Christchurch.

Cette initiative, accompagnée d'une campagne de communication saoudienne, vise à "alléger leurs souffrances" dans le cadre des "efforts du royaume pour faire face au terrorisme", ont dit les autorités.

À leur arrivée à l'aéroport de Jeddah le 2 août, proches des victimes et rescapés ont été accueillis avec les honneurs, sous les crépitements des flashs des photographes.

Point culminant du calendrier musulman, le hajj a commencé vendredi pour plus de 2 millions de musulmans venus du monde entier et durera cinq jours.

"Profondément choqué"

tta Elayyan, d'origine palestinienne, dirigeait une entreprise d'informatique. Parallèlement, il jouait comme gardien de but de la sélection néo-zélandaise de futsal. Il a laissé orpheline une fille de deux ans.

"C'est lui qui nous donne la force de continuer chaque jour. C'est un martyr, comme toutes les autres victimes de la boucherie", confie Farah Talal, rencontrée dans un immense complexe hôtelier réservé exclusivement aux invités de la famille royale saoudienne.

Amir Mohamed Khan, un garçon de 14 ans, a perdu son père Mohammed Imran Khan, un restaurateur d'origine indienne de 47 ans, dans cette tuerie ayant fait plus de meurtres en un jour que ce que connaît le pays en une année.

"J'étais à l'école, le 15 mars, quand j'ai appris qu'il avait été abattu. J'étais profondément choqué, mais je n'ai eu aucune réaction. Je ne pouvais pas le croire, je l'aimais tellement", raconte ce jeune aux yeux verts, vêtu du long qamis traditionnel saoudien.

"Je suis reconnaissant d'être à la Mecque aujourd'hui. J'effectuerai le hajj pour mon père et prierai pour lui", dit-il.

"Prier pour mon frère"

Son ami Chouaib Milne, 16 ans, a, lui, perdu un frère, Sayyad Milne, de deux ans son cadet, abattu alors qu'il priait à la mosquée Al-Nour, l'une des deux mosquées ciblées.

"J'étais censé être avec mon frère vendredi pour prier à la mosquée, mais je participais à un voyage scolaire", raconte l'adolescent, lui aussi habillé d'un qamis blanc, la tête coiffée d'un couvre-chef en damiers rouges et blancs.

"Quand je serai devant la Kaaba", structure cubique vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "je vais prier pour mon frère et faire le hajj pour lui", confie Chouaib, d'une voix calme.

À Christchurch, de nombreux musulmans, qui représentent 1 % de la population néo-zélandaise, avaient été abasourdis par ce déferlement de violence. Les fidèles massacrés venaient des quatre coins du monde.

L'Afghan Taj Mohammad Kamran, 47 ans, a survécu: "L'homme est apparu et a tiré par trois fois sur ma jambe, après avoir abattu un de mes amis", témoigne ce rescapé qui marche depuis avec des béquilles.

"Avant, j'étais très déprimé. Maintenant, je suis ici pour le hajj et je me sens plus tranquille", dit Taj Mohammad Kamran, la tête enroulée dans un turban.

Et d'ajouter: "Tous les musulmans veulent effectuer le hajj", l'un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

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