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total et BP

Total et BP parmi les 20 entreprises responsables du tiers des émissions de CO2 depuis 50 ans

Huit des entreprises liées directement à la croissance marquée des émissions de gaz à effet de serre sont des multinationales du secteur des énergies fossiles.

Une vingtaine d’entreprises du secteur des énergies fossiles sont directement liées à plus de 35 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre produites dans le monde au cours des 50 dernières années, révèle une enquête publiée mercredi dans le quotidien britannique The Guardian. Certaines d’entre elles développent aujourd’hui des projets d’expansion de la production pétrolière en sol canadien.

Les données compilées et analysées en collaboration avec le Climate Accountability Institute, basé aux États-Unis, démontrent ainsi que 20 multinationales et entreprises d’État exploitant du pétrole, du gaz naturel et du charbon ont contribué à plus du tiers de toutes les émissions de CO2 et de méthane depuis 1965.

En prenant en compte les émissions de l’ensemble du « cycle de vie » des énergies fossiles commercialisées par ces entreprises, les chercheurs concluent que le bilan carbone s’élève à plus de 480 milliards de tonnes, soit une moyenne de 9,6 milliards de tonnes par année depuis 50 ans. À titre de comparaison, les émissions du Canada ont atteint 716 millions de tonnes en 2017.

 

Huit des entreprises liées directement à la croissance marquée des émissions de gaz à effet de serre sont des multinationales du secteur des énergies fossiles. Ainsi, Chevron arrive au deuxième rang, avec des émissions totales de 43,35 milliards de tonnes. ExxonMobil (41,9), BP (34,02) et Shell (31,95) se retrouvent également parmi les dix plus gros pollueurs du palmarès établi par le Guardian. Ces quatre multinationales comptent à elles seules pour 10 % de toutes les émissions de carbone mondiales depuis 1965.

Émissions en croissance

Douze entreprises sont par ailleurs des sociétés d’État, dont Saudi Aramco, qui compte à elle seule un bilan carbone de 59,26 milliards de tonnes et qui occupe la première place du palmarès. L’entreprise russe Gazprom se situe pour sa part au troisième rang, avec un bilan de 43,23 milliards de tonnes.

Toutes les entreprises citées dans le palmarès du Guardian ont été contactées par le quotidien. Sept d’entre elles ont répondu. Dans certains cas, elles ont indiqué qu’elles n’étaient pas responsables de la façon dont sont utilisées les ressources fossiles qu’elles exploitent. D’autres ont soutenu qu’elles déploient des efforts importants afin de développer des énergies renouvelables et d’autres sources qui génèrent moins de gaz à effet de serre.

Globalement, les émissions du secteur de l’énergie continuent toutefois d’augmenter, en raison de notre dépendance au pétrole, au gaz naturel et au charbon. Elles ont connu un bond de 1,7 % l’an dernier, selon le rapport annuel 2018 de l’Agence internationale de l’énergie.

Il faut dire que les énergies fossiles continuent de combler quelque 80 % des besoins mondiaux en énergie, un taux qui n’a pas reculé depuis 30 ans. Ce « manque de rapidité de la transition énergétique est particulièrement alarmant, trois ans après l’accord historique de Paris sur le climat […] », observait plus tôt cette année le Forum de Davos.

Projets au Canada

Plusieurs entreprises nommées dans l’analyse du Guardian développent toujours des projets d’expansion de leur production d’énergies fossiles, y compris en territoire canadien. C’est le cas de ConocoPhillips, une entreprise qui détient une filiale canadienne active notamment dans les sables bitumineux. La multinationale prévoit aussi une croissance en Colombie-Britannique, en raison de l’exploitation de pétrole et de gaz de schiste.

La pétrolière BP, responsable de la pire marée noire de l’histoire américaine, détient pour sa part des permis d’exploration en eaux profondes au sud de la Nouvelle-Écosse. Pour le moment, les forages réalisés n’ont toutefois pas démontré de potentiel d’exploitation commerciale de pétrole.

BP détient en outre des permis d’exploration en milieu marin au large de Terre-Neuve. Même chose pour une autre importante multinationale du secteur pétrole, ExxonMobil, qui est partenaire de BP pour certains projets, selon les informations disponibles mercredi auprès du « Canada – Newfounland Labrador Offshore Petroleum Board ».

Croissance pétrolière

Au-delà des projets en développement le long de la côte est du Canada, c’est principalement le secteur pétrolier de l’Ouest canadien qui est appelé à croître au cours des prochaines années.

Selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), la croissance prévue jusqu’en 2035 devrait amener le Canada à produire 5,86 millions de barils par jour à cette date (1,27 million de barils de plus qu’à l’heure actuelle), dont 5,76 millions dans l’ouest du pays. La majorité de ce pétrole se trouve dans les sables bitumineux.

Sur une base annuelle, la production dépasserait donc les deux milliards de barils, alors que les réserves du pays, les troisièmes au monde en importance, sont évaluées à 173 milliards de barils.

L’ACPP estime en outre que la demande mondiale restera élevée au moins jusqu’en 2040, avec une consommation quotidienne de plus de 105 millions de barils. Cela fera du pétrole le carburant « le plus utilisé » dans le monde.

Dans un rapport publié il y a de cela un an, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) concluait pourtant que, pour limiter les bouleversements climatiques, la part des énergies renouvelables devrait combler entre 65 % et 80 % de nos besoins d’ici 30 ans, tandis qu’il faudrait complètement éliminer le recours au charbon. Quant à l’utilisation du pétrole, le recul nécessaire serait d’au moins 80 %. Pour le gaz naturel, deux des trois trajectoires élaborées font état d’une réduction très marquée de son utilisation..

 

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