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France tribunal

Un diplomate africain et sa femme jugés en France pour avoir exploité un burundais pendant 10 ans

C’est la seconde fois que Gabriel Mpozagara et son épouse se retrouvent au tribunal pour des faits d’esclavagisme moderne.

Gabriel Mpozagara, un ancien ministre burundais et diplomate à l'Unesco, est jugé ce lundi aux côtés de sa femme à Nanterre (Hauts-de-Seine). Le couple est soupçonné d'avoir exploité pendant dix ans un Burundais qui travaillait dans leur maison.

Les deux prévenus, qui contestent toute infraction, comparaissent pour « traite d'être humain », « travail dissimulé », « emploi d'un étranger sans titre » et « aide au séjour irrégulier ».

Ce sont des ouvriers intervenant dans la maison de Gabriel Mpozagara à Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) qui ont signalé, en juillet 2018, la situation de cet homme.

19 heures de travail par jour

Aujourd'hui âgé de 39 ans, ce dernier est arrivé de Bujumbura en 2008, initialement pour une période de 3 mois. Selon les parties civiles, il a alors dû travailler 19 heures par jour, 7 jours sur 7, s'occupant du ménage, du jardin, de la cuisine, de la lessive, ainsi que des soins d'un des enfants du couple, un adulte souffrant de handicap.

L'homme était « insulté » et « rabaissé », dormait dans la cave sans conditions d'hygiène basiques, son passeport lui ayant été enlevé, décrivent les parties civiles. Ces dernières ajoutent qu'il devait recevoir environ 50 euros de rémunération par mois - une somme qui n'a, de plus, pas été versée en intégralité.

Un « ami de la famille » pour la défense

Le diplomate « a été meurtri et très peiné » de « cette dénonciation qu'il considère comme calomnieuse et nous ferons en sorte de faire éclater la vérité », a déclaré à Me Dominique Naveau-Duschesne, son avocate.

« Les pièces du dossier montrent les contradictions qu'il y a entre (les) déclarations (du plaignant, NDLR) et la réalité », a-t-elle assuré, ajoutant qu'il s'agissait d'un « ami de la famille, qui était traité comme un membre de la famille ».

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme

À l'époque, ils avaient été accusés « d'avoir maintenu dans des conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité humaine » deux jeunes parentes, indique dans un communiqué le Comité contre l'esclavage moderne (CCEM), partie civile au procès de lundi.

Les deux sœurs, qui étaient orphelines, ont poursuivi la procédure jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui a condamné la France en octobre 2012, pour avoir failli dans sa lutte contre le travail forcé.

En juillet 2013, le parlement français a introduit dans le code pénal le travail forcé, la réduction en servitude et la réduction en esclavage.

AvecLeFigaro

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