Meissa Babou

L’économiste, Meissa Babou, a accordé un entretien à Actu221. L’enseignant chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) demande à l’État de centrer sa politique autour de la demande sociale. Car, dit-il, « Le Sénégal est étranglé financièrement » et doit plus que jamais « reprendre en main son destin ».

Il explique : « Depuis 1960, on s’est trompé de vision. Les gens souffrent et le chômage est en train d’être aussi endémique. Aujourd’hui, nous sommes à 55% de pauvre. C’est ce qu’a démontré le Pr Abdoulaye Seck avec un groupe d’experts qui fait référence. La moitié du pays est impacté. Le chômage est entrain d’être aussi endémique. C’est une catastrophe générale. Et la banque mondiale l’a dit récemment».

Selon lui, la meilleure des politiques doit être centrée autour de la demande sociale (l’éducation, la santé et l’alimentation). «L’état doit régler le problème de l’agriculture qui nous coûte 450 milliards d’importation. Nous avons besoins une autonomisation pour pouvoir gérer nous même avec économie endogène et ne pas privilégié des entrepreneurs étrangers et construire des patrons Sénégal très forts autour de l’investissement de l’Etat », a-t-il martelé, ajoutant que « le TER, le BRT, ou Ila Touba » ne régleront le problème.

L’économiste avance que « 43 % des PME sont en agonie ». « Toutes les entreprises qui ne sont pas à terre sont en difficulté. C’est pourquoi les 741 milliards francs CFA annoncés pour la relance de l’économie sur le plan de résilience ne pourront rien. Mieux, l'Etat est à la recherche de 400 milliards de francs Cfa. Toutefois il ose croire que Macky Sall a dépensé que ce qu’il à reçu des institutions financières et n’a pas tiré de son trésor public les 400 milliards qui devaient complément des 1000 milliards ».

Il propose « une restructuration budgétaire dans tous les ministères ». Il s’agit, a-t-il détaillé, d’éliminer « des postes budgétaires de dépenses de billets d’avion, de voyage, de carburant, d’entretien, des cérémonies etc ». Une telle opération va permettre à l’Etat de réaliser plus de 20 à 40 milliards d’économies.

L'économiste est revenu sur l’exécution du Programme décennal de lutte contre les inondations. « C’est un plan annoncé et qui n’a pas été réalisé. Sur les 750 milliards prévus, l’Onas n’a dépensé, à peu près, que 48 milliards. Il ne fait que des travaux d’entretien, mais pas des investissements lourds», a-t-il conclu.

Samsidine DIATTA