Abdoulaye Daouda Diallo, Ministre des Finances et du Budget

L'Etat du Sénégal s'est lancé dans une opération tendant à accroitre la dette de plus de 1.300 milliards F Cfa. Dans le projet de Loi finances pour l’année budgétaire 2021, le gouvernement a demandé à l’Assemblée nationale d’autoriser le ministre des Finances à contracter des emprunts, à recevoir des dons au nom de l’Etat du Sénégal et à lever des ressources de trésorerie pour un montant total de 1 363 milliards F Cfa.

Ces opérations de trésorerie, détaille le projet de loi, pourront être contractées soit sur le marché national, soit sur le marché extérieur, auprès de pays ou organismes internationaux, à des conditions fixées par le décret ou par la convention.
Cette rallonge va alourdir davantage l’encours de la dette publique estimé en décembre 2019, à 7 825,3 milliards F Cfa. Soit 56,6% du PIB, selon L’Observateur dans sa livraison de ce jeudi 22 octobre.

Ce qui pousse Dr Cheikh Ahmed Bamba Diagne, enseignant chercheur économiste et monétaire à tirer la sonnette d’alerte. « Le Sénégal va dépasser les 70%, le seuil d’endettement fixé dans l’espace Uemoa. C’est un choix, mais il faut s’attendre à ce que la dette du Sénégal atteigne les 10.000 milliards F Cfa l’année prochaine », a-t-il prévenu.
Il précise qu’une partie sera payée, une autre décalée grâce à l’initiative de la suspension de la dette pour six mois. Mais, dit-il, c’est toujours une augmentation de l’encours de la dette.

Mamadou Sall