Couvre-feu

Les forces de sécurité ne badinent pas. Pour faire respecter le couvre feu déclaré par le Chef de l'Etat, Macky Sall, ils ont recouru à la manière forte. En effet, lors de la première nuit hier, ils n'ont pas été tendres avec les récalcitrants. Piétons et automobilistes qui ont osé "défié" la loi ont été sévèrement "corrigés".

Les images parlent d'elles-mêmes. Dans bien des localités, les forces de sécurité n'ont accordé aucun répit à ces gens. Ce sont des scènes digne d'une autre époque qui sont relayées sur les réseaux sociaux. On y voit des policiers lever la main sur des piétons ou sur des automobilistes qui ont eu la malchance de croiser leur chemin.

Et pourtant, les écarts de conduite dont font montre certains membres des forces de sécurité irritent plus d'un. Cette attitude des policiers et gendarmes n'est pas du gout de certains sénégalais et défenseurs des droits de l'Homme. Le président de la Ligue sénégalaise des Droits de l'Homme, Me Assane Dioma Ndiaye n'a pas attendu longtemps pour dénoncer ces violences.

Il estime que l'Etat a d'autres moyens pour faire respecter sa décision. "Le ministre de l'Intérieur a suffisamment rappelé les sanctions encourues et les agents de l'État ont l'obligation de respecter la loi et non la violer. Respectons les citoyens, amenons-les à respecter la loi, faisons-en sorte que nos pays puissent dépasser cette étape. Mais, encore une fois, on ne peut porter atteinte à la dignité humaine", a soutenu la robe noire.

De son côté, Babacar Ba du Forum du Justiciable (Fj) rappelle que la loi semble claire en cas de non respect du couvre feu. "La loi n'autorise pas les policiers à frapper les piétons et les automobilistes qui ne respectent pas le couvre-feu. La loi prévoit un emprisonnement de 2 mois à 5 ans et une amende de 20 000 à 500 000 francs CFA ou l'une des peines seulement", martèle-t-il.

Ousmane SEYE