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Couple présidentiel

Rentrez, M. le Président, c’est urgent !

Monsieur le Président, avez-vous entendu ce que les sénégalais disent de vos vacances ?

Ce qu’ils pensent de vos photos qui les illustrent, aux côtés de la première dame ? Nous ne le pensons pas. Car, si c’est à Dakar que vous n’avez pas une oreille assez fine, l’on se demande comment, depuis Biarritz, à dizaines de milliers de kilomètres de la capitale sénégalaise, vous entendrez les plaintes et complaintes de vos concitoyens.

Sans doute, personne parmi vos proches collaborateurs ne vous relatera ce qu’il se dit ici.

Votre petit-frère n’a pas la tête tranquille, trop préoccupé qu’il doit être en ce moment, à trouver une sortie du puits, pardon du trou pétro gazier, dans lequel l’a catapulté l’impénitente Mayeni Jones. Votre ministre de l’Intérieur non plus, fut-il le premier flic du pays, patron des RG ne vous dira ce qu’il se dit dans les places publiques. Il songe plus à « danser » avec des lions, sous le regard héroïque de l’une de ses douces moitiés. Nous autres, on crie, on ne danse pas !

Permettez-nous donc, monsieur le Président, de vous faire un bref résumé du niveau de délabrement de la situation que vous avez laissez derrière vous en partant en vacances. Vous comprendrez alors combien il est urgent que vous rentriez…

Monsieur le président, au pays, l’heure est aussi grave sinon plus grave qu’en août 2012, lorsque vous aviez été contraint d’écourter vos vacances sud-africaines pour revenir à Dakar et annoncer la suppression du Sénat. Histoire de calmer les ardeurs et la clameur populaires après les inondations meurtrières de la même période.

Cette mesure, vous disiez l’avoir prise pour pouvoir transférer le budget du Sénat (8 milliards de francs CFA) à la lutte contre les inondations. Aujourd’hui, la situation est plus grave, avec des difficultés ressenties dans tous les secteurs. Le Sénégal en effet, est comme un grand corps malade.

Monsieur le Président, les agriculteurs – commençons par eux – et les éleveurs du pays sont en péril. Leur situation résumée par le Congad – stress des jeunes plants, ‘’resemis’’ sans succès, dégradation de l’état d’embonpoint des animaux, etc – entraîneront une perte jamais imaginée depuis plusieurs décennies, malgré les élucubrations juvéniles d’un ministre de l’agriculture qui ne sait apparemment pas où se trouve le nord.

C’est que depuis que vous avez ressuscité le Sénat sous une autre forme pour y caser des militants et transhumants, engagé des dépenses courantes à coût de milliards par mois, rien que pour votre administration ; depuis le lancement de vos fameux chantiers – toujours inaugurés, mais jamais fonctionnels – depuis le lancement de votre TER, tout est à terre au pays.

Le secteur privé ploie sous le poids d’une dette qui ne cesse de croitre, jusqu’à dépasser la barre des 65 milliards par mois. Pire encore, sous votre régime plus que sous les autres, le service de la dette ne sert plus les véritables priorités. Au contraire, il relègue les urgences nationales au bénéfice d’une politique purement politicienne pour ne pas dire clanique. Si bien que la patrie est loin, bien loin du parti. On a mal, monsieur le président, mais surtout, on a peur pour ce pays. Nous avons peur de cette situation d’Etat d’urgence social et sanitaire, sécuritaire et surtout économique.

Ecourtez alors ces vacances que vous n’auriez jamais dû prendre. Rentrez et prenez les justes mesures des enjeux d’une campagne agricole qui s’annonce déjà cataclysmique ; essayez de soulager les pauvres éleveurs dont le cheptel est quotidiennement décimé à cause de la rareté des pluies.

Revenez, monsieur le Président, pour donner des explications aux pauvres ‘’Gorgorlu’’ qui peinent à comprendre pourquoi avec les milliers de milliards de francs CFA du club de Paris, tout le monde – même vos voisins fatickois et vos parents matamois – se plaint de la cherté de la vie. Ils ne comprennent pas, pourquoi le pouvoir d’achat du sénégalais moyen est continuellement en baisse dans un pays que vous dites avoir mis sur les « rails de l’émergence ». Revenez Monsieur le Président et dites-nous pourquoi et jusqu’à quand nous allons devoir continuer à souffrir. Vous êtes élu pour ça !

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