DR

Le microbiologiste, qui suscite la controverse pour sa promotion de l’hydroxychloroquine comme traitement anti-coronavirus, signe un texte dans « le Monde » où il charge l’obsession « méthodologique ».

L’infectiologue marseillais Didier Raoult, dont les préconisations pour un traitement à la chloroquine des malades du Covid-19 font polémique, explique dans une tribune publiée mercredi soir sur le site du « Monde » ce qui l’oppose à une partie du monde scientifique et médical. Il y critique « l’influence des spécialistes de la méthode », présents dans les institutions de l’éthique médicale qui ont été de faits dénaturés de leurs missions. Ces « méthodologistes » ont des « réflexions purement mathématiques », selon lui.

Il écrit : “« On utilise la méthode, en réalité, pour imposer un point de vue qui a été développé progressivement par l’industrie pharmaceutique, pour tenter de mettre en évidence que des médicaments qui ne changent pas globalement l’avenir des patients ajouteraient une petite différence. Ce modèle, qui a nourri une quantité de méthodologistes, est devenu une dictature morale. Mais le médecin peut et doit réfléchir comme un médecin, et non pas comme un méthodologiste. »”

Il appelle à ce que « les médecins reprennent leur place avec les philosophes et avec les gens qui ont une inspiration humaniste et religieuse dans la réflexion morale, même si on veut l’appeler éthique », et à « nous débarrasser des mathématiciens, des météorologistes dans ce domaine. »

Pour lui, certaines personnes qui s’occupent de maladies infectieuses « ne sont pas en phase avec les moments de découvertes, où la mise au point rapide de stratégies thérapeutiques évolutives est nécessaire. »

C’est pourquoi, explique-t-il, il a décidé de ne pas continuer de participer au Conseil scientifique qui entoure le président Emmanuel Macron. On y trouve « deux modélisateurs de l’avenir (qui pour moi représentent l’équivalent de l’astrologie), des maniaques de la méthodologie », accuse-t-il. « Les médecins confrontés au problème du soin représentaient une minorité qui n’a pas nécessairement l’habitude de s’exprimer et qui se trouvaient noyés par cet habillage pseudoscientifique. Enfin, il y a un conflit d’intérêts entre devenir le porte-parole de la stratégie gouvernementale et la présidence du comité d’éthique. »

Avec Lobs