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Baye Niasse

Qui est Mawlana Cheikh Ibrahima Niass, le détenteur de la Fayda Tijaniya ?

Cheikh El Hadj Ibrahima Niasse dit Baye Niasse est né à l’aube du 20e siècle à l’ombre d’un baobab niché dans une grande forêt, à Taïba Niassène, dans l'actuelle région de Kaolack (centre). 
 

Ibra Asta – il est appelé ainsi par allusion à sa mère Sokhna Astou Diankha - s’est employé durant sa vie à propager l’islam aux quatre coins du monde.  
La cité musulmane de Médina Baye, qu’il a fondé dans les années 1930, devient une véritable mosaïque en termes de langues et de races, à l’occasion du Maouloud ou Gamou, la commémoration de la naissance du prophète Mohamed.  

A Médina Baye, des Parisiens et des Américains s’adonnent à la récitation du Coran. Des Pakistanais et des Malaisiens magnifient à leur manière l’œuvre de Cheikh El Hadj Ibrahima Niasse. Des milliers de tidjanes chantent la gloire du guide du mouvement de la "Fayda", cette sorte de "profusion" prédite par Cheikh Ahmed Tidjane, le fondateur de la tidjaniya, que Baye Niasse déclare avoir incarnée.  

Cheikh El Hadji Ibrahima Niasse, plus connu sous le nom de Baye Niasse, est l’une des plus grandes figures de la confrérie des tidjanes au Sénégal. La Jamhiyatu Ansaru-Din, l’association internationale qui réunit ses disciples, revendique "plus de 100 millions" membres.  

Ibrahima Niasse - à l’état civil - est né en 1900 à Taïba Niassène, un village situé dans la région de Kaolack, où il cultiva la terre durant sa jeunesse. Son père Abdoulaye était de son vivant un grand érudit et l’une des figures de proue de la tidjaniya.  

Baye Niasse a fait ses premières classes coraniques entre Taïba Niassène, une commune dans le département de Nioro du Rip et Kossy Baye, un village situé dans la communauté rurale de Ndiaffate. A l'âge de 21 ans, il écrivit son premier livre, "Rouhoul Adab", qui étonna plus d’un, notamment dans le monde arabe, par sa portée scientifique et sa haute qualité linguistique. 

Après le rappel à Dieu de son père, il resta sous l'autorité du chef de la famille, Mohamed Niasse dit Baye Khalifa, un "protecteur" doublé d’un ami, qui lui laissa la direction de l'école coranique de Médina Baye.  

Baye Niasse dirigea les cérémonies de récitation du Coran et la lecture du ''Hamzia de Boucheyri'' appelé ''Mawlid'' à Médina Baye, qui marque le début de chaque célébration de la naissance du prophète Mohamed (PSL). 

Après avoir fondé la ville de Médina Baye en 1930 et accompli le pèlerinage à La Mecque en 1937, Baye Niasse, que l’on nommera Cheikh Al Islam plus tard, fut très vite connu au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine. Non seulement par la diversité du savoir qu'il dispensait, mais surtout par son implication dans les grandes causes africaines.  

Panafricaniste convaincu, il visite plusieurs grandes villes d'Afrique pour expliquer la tidjaniya, une branche de l’islam soufi. Une exposition organisée sur l’esplanade de la grande mosquée de Médina Baye, à l’occasion du Maouloud, renseigne qu’il a visité une vingtaine de fois le Ghana alors dirigé par l’un des chantres du panafricanisme, Kwame Nkrumah, qui lui vouait "une grande admiration".  

Lors de ses périples ghanéens, Baye Niasse séjournait le plus souvent à Accra, la capitale, mais aussi à Kumasi, Tamale et Takoradi. Une visite qu’il effectua au Ghana en 1954 frappa les esprits de la communauté musulmane mondiale parce que Cheikh Ibrahima Niasse avait réussi à convertir à l’islam près de 50 mille personnes en un après-midi, selon l’exposition organisée à l’occasion du Maouloud. Une photo montre le guide spirituel devant une foule impressionnante.  

Au Togo où l’islam est minoritaire, Baye Niasse a réussi à convertir à la religion musulmane "plus de quatre mille personnes" membres de plusieurs ethnies, dont les bafilos, les kri-kris, les atakpanas et les katakolis.  

Au Cameroun, Baye Niasse va trouver des adhérents à son mouvement, la Fayda, auprès des jeunes de la localité de Bamou. Le mouvement a vite pris la forme d’une opposition à l’ethnie des lamidos, selon l’exposition.  

Le Maroc, la Mauritanie, le Soudan, Dubaï (Emirats Arabes Unis), l’Arabie Saoudite, le Nigeria, le Niger, le Tchad, la Guinée, le Mali, la France, l’Angleterre (où il rendit l’âme), le Pakistan, l’Irak, l’Iran et la Chine étaient ses principales destinations.  

Dans un monde marqué par la colonisation, puis par la guerre froide, Cheikh Ibrahima Niasse parvint à se rendre aux quatre coins du monde pour vulgariser la Sunnah du prophète Mouhamad (PSL).  

Par ses nombreux périples effectués dans la sous-région ouest-africaine, en Europe et en Asie, Baye Niasse acquit une réputation d’apôtre du panafricanisme. "Baye Niasse s'est aussi rendu hors du continent, notamment en France, en Angleterre, en Belgique, en Indonésie, en Chine et au Pakistan pour y prêcher. Il fut notamment le premier négro-africain à diriger la prière, dans la prestigieuse mosquée d'Al Azhar, en Egypte", rapporte l’exposition.  

Lors d’un de ses voyage en Egypte, le président Gamal Abdel Nasser "était convaincu d’avoir rencontré l’homme qui [diffuserait] sa pensée, sa vision panarabe et anticoloniale en Afrique subsaharienne". Les deux hommes se lient d’amitié l’un avec l’autre. Et à force de vulgariser l’islam dans le monde arabe, Baye Niasse y acquit le titre de Cheikh al Islam.  

Au début des années 1960, Baye Niasse fut nommé membre de l’Académie de recherche de l’Université d’Al Azhar, ensuite secrétaire général adjoint de la Ligue mondiale islamique, basée à La Mecque (Arabie Saoudite), puis vice-président du Congrès mondial islamique, dont le siège se trouve à Karachi (Pakistan). 

"C’est un homme qui sans doute dispose d’une longueur d’avance sur sa génération et son époque. Il était d’une autre dimension", a écrit un chercheur nommé Yakubu Gawon, cité par l’exposition.  

"Il était (…) un grand diplomate. Il s’est rendu notamment en Chine populaire, un pays avec lequel le nôtre n’avait pas encore des relations (…) C’était un missionnaire, qui partait toujours à la conquête du monde (…) pour vulgariser la tidjaniya", a dit de lui Barham Diop, l’un de ses plus proches collaborateurs.  

Les disciples de Baye Niasse se comptent aujourd’hui par milliers au Nigeria, au Ghana, au Niger, au Bénin, au Mali, au Tchad, au Soudan, en Europe, dans les Amériques et en Asie.

ENFANCE ET FORMATION 
Il a grandi dans le giron de son pere. Ce dernier, caractérisé par la chasteté, la crainte révérencielle, la bravoure, la vertu, une grande éducation, et par une grande dévotion, lui apprit le Coran, version warch can nâficin, jusqu’a la maîtrise complete. Des son enfance, il manifestait déja des signes patents de réussite. Mais, il redoubla d’efforts et ne les ménagea pas, en vue de l’acquisition des sciences classiques, celles qui sont énoncées (mantuqa) et celles qui sont inspirées (mafhuma) (voir note 1). Il persévéra jusqu’a atteindre les objectifs en acquérant l’expertise avérée dans toutes les branches des sciences religieuses, en y occupant une place de premier choix, en tres peu de temps. Alors, Dieu l’établit comme une miséricorde pour ses serviteurs, comme un avantage pour les métropolitains et pour les provinciaux. 

C’est son pere, a l’autorité ancrée et a la célébrité répandue, qui s’est personnellement chargé de son éducation. Il reçut de lui, par la grâce de Dieu, les perles des utilités et le nectar des secrets, des invocations et des us et coutumes. Par la suite, Dieu lui accorda la grande ouverture et les sciences infuses [culumun wahabiyyatun laduniyyatun : sciences infuses accordées par Dieu dans sa promiscuité, sciences qu’on n’acquiert pas par l’effort personnel ni par l’apprentissage]. Il ne les a apprises de personne. 

LA NAISSANCE DU CHEIKH AL ISLAM 
Le Cheikh est né de deux parents croyants, nobles, vertueux, endurants, et cultivant la crainte. Sa mere Astou JANQAA, fille de Ibrahim est d’une lignée noble. Son pere, AL Hadji ‘Abdallâhi Niasse, fils de Bakari, fils de Muhammadu AL Amîn, fils de Samba fils de Ridâ détenait un immense savoir et maîtrisait le Coran dont il fut un éminent exégete. Il s’est occupé seul de l’éducation de tous ses enfants, triomphant ainsi sur la volonté des autorités coloniales d’enseigner le français aux fils de marabouts afin de les bouter hors de la culture islamique. Cheikh Ibrahim fut sans conteste le plus illustre d’eux , lui qui naquit un jeudi apres (‘Asr), le 15 du mois de Rajab en l’an 1320 apres l’hégire du Prophete (SAW), soit en 1901 apres la naissance de ‘Issâ (AS), dans un village dénommé Taiba niassene localité fondée par son pere. Taiba 1 (qui signifie ce qui est pur) est sémantiquement et physiquement auréolé d’un halo de pureté dont les senteurs exhalées font prendre a l’âme qui la hume son essor vers la nue de la perfection. La pureté de TaIba lui est-elle intrinseque? Son épicentre est-elle l’etre des ascendants de Baye qui l’on incarné dans toute sa splendeur? Ou sa pureté est-elle l’empreinte de celle du Cheikh Al Islam? Quelque soit l’origine de la pureté de la localité, le voyage vers Taiba est le symbole de l’élan vers la pureté intérieure dont le terme est la parfaite illumination. 

LE CHEIKH AL ISLAM ET SES ETUDES 
Le Cheikh Al Islam étudiait le coran sous la direction de son pere et le mémorisa entierement selon la version « warch » alors qu’il était dans sa tendre enfance, ce qui lui valut le titre de « Hâfiz ». Il rechercha le savoir, dont il maîtrisait différentes branches, aupres de son pere, alors que la lumiere de la beauté divine brillait sur lui et que le secret de la guidée du Prophete (SAW) était enfoui en lui. Apres le déces de son pere, en l’an 1340 de l’hégire, a l’âge de 76 ans (de l’année lunaire) alors qu’il n’avait que 20ans, il n’étudia plus chez aucun maître. Et pourtant la totalité des savants qu’il a croisés durant ses longs et riches périples ont proclamé l’excellence et la vastitude de son savoir plus qu’encyclopédique. Il commença l’exégese du Coran avec une maîtrise et une originalité stupéfiantes. Il ajoutait dans ses séances plus que n’en disaient les livres des exégetes et se donnait l’ample liberté d’apporter des correctifs dans le sens des traductions habituelles. De la lettre du texte brut, il tirait l’esprit en ne se fondant que sur le Saint livre. Il enseignant d’ailleurs que c’est le Coran qui lui expliquait le coran. Pour cette raison il ne s’aidait que du Coran et des Hadith. Pour l’interprétation du livre. Pour sa premiere séance d’exégese du coran, il envoya emprunter a l’un de ses freres le livre « Hâchiya Sâwi » qui fait autorité dans ce domaine. Celui-ci lui opposa son refus sans demander de qui il tenait l’autorisation d’une telle initiative. Il rétorqua a celui qu’il avait dépeché: » Mon frere un tel ne sait-il pas que si tout le savoir était perdu, je pourrais par la préférence(fadl) et la louange (rendue a Dieu) ramenait tout ce savoir sans que rien n’y manque?>. Je n’ai emprunté ce livre que par respect et quete de bénédictions de notre pere qui s’en servait, mais nullement pour y baser et rechercher un quelconque savoir ». De nombreuses communautés d’étudiants, de gens en quete de savoir et des savants affluaient vers lui. Il disait » Mon ouverture (a Dieu) était complete alors que j’étais au berceau et c’est depuis, que l’ensemble des hommes du caché se sont soumis a mes décrets. Aucun pas, d’Est en Ouest, n’est franchi sinon pour embrasser ma boue (constitutive). Et comment cela pourrait-il ne pas etre alors que mon etre est celui de Muhammad (SAW), son essence s’étant entierement incarnée en mon etre et ma beauté ? Qui me voit, voit le Prophete (SAW), son essence et sa forme. Tous mes contemporains sont saufs et s’élevent a l’exception de celui qui refuse de suivre ma voie, prisonnier qu’il est de sa passion. Ce que j’avance, je ne l’énonce ni sous l’emprise de l’euphorie, ni a des fins de prosélytisme. Je suis celui qui accorde a chacun des élus mon aval avant qu’il ne soit agréé. C’est par moi que guérira l’énorme plaie du monde. C’est par mon effusion que la religion élevera son étendard. Qui veut viendra a cette effusion de grâces divines avant sa mort, qui veut t également se détournera comme le font les damnés Quiconque cherche a éteindre cette lumiere, Allah refuse de l’éteindre quelques répulsions qu’en éprouve mes ennemis> 

QUELQUES QUALITES DE CHEIKH IBRAHIM NIASS 
Le Cheikh possédait de tres belles et nobles qualités, toutes marquées du sceau de la complétude lesquelles suscitaient l’attirance de tous ceux qui le connurent. Il entretenait des relations avec des personnes de nationalités diverses. Il ne proférait que les meilleures paroles et était d’ une grande générosité. Il était véridique et son cour pur était rempli de crainte pieuse. Il était magnanime et disait » j’ai un regard pour le fils d’Adam par lequel il m’est impossible de le détester>. Il était toujours occupé et ne connu jamais de moments de répit. Il n’était pas prisonnier du repos et du prélassement. Il dit un jour a un de ses fils : »Tu ne dois accorder aucun crédit au mot repos dans ce monde, car il n’y en point>. Il était tour a tour l’Imam qui lisait les prônes et dirigeait les prieres, le professeur émérite, le juge droit et juste, le precheur vivifiant, l’éducateur et l’élévateur aux hautes stations spirituelles, l’invoquant par le zikr, l’exégete et le savant au savoir pur et sublime. Il était un lecteur assidu du Coran qu’il clôturait bi hebdomadairement: il lisait et récitait hebdomadairement le Saint Livre. Il était tres préoccupait par la communauté de Muhammad (SAW) et disait : » Mon dessein est de la conduire a la présence du Bon Tres Miséricordieux qu’est Allah>. Il n’adoreront ainsi plus personne sinon Allah. Il tenait en estime ses disciples et les couvrit de bienfaits qui les lierent a sa personne au point qu’un noble savant mauritanien Al Mukhtar Old Muhamd Baba écrivit ses vers : » Je suis l’esclave du Cheikh Ibrahim. S’il veux il me vend, s’il veut il m’anobli. Il m’a asservi par les honneur, car l’honneur possede le noble.> Il plaçait une solide confiance en Dieu et le priait en toute pitié malgré la faveur qui lui était accordé. Il disait : » Allah m’a donné le savoir et le pouvoir d’agir sur les choses. Si j’ordonne en disant mon injonction sera suivi sans tarder d’effet. Mais j’ai pris Allah pour garant. Je ne suis pas et c’est par l’ordre divin que j’agit.Cela par politesse et bonne conduite. Pour cela il m’a choisi (pour etre son) ami.>Beaucoup de gens ont agit autrement apres avoir bénéficier du secret du ,Soit ! Il était doux, indulgent, patient et ne nourrissait aucune animosité pour ses ennemis. 

BAYE ASS NDIAYE (marabout tradipraticien ayant acquis une base scientifique reconnue et acceptée)

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